L'austérité renforcée à l'UGA : le conseil d'administration de l'UGA du 16 décembre votera t-il de nouvelles mesures d'économie ?
Par Nicolas le mardi 16 décembre 2025, 12:21 - Lien permanent
L'austérité renforcée à l'UGA : le conseil d'administration de l'UGA du 16 décembre 2025 votera t-il de nouvelles mesures d'économie ?
La présidence de l'UGA inscrit des nouvelles mesures d'austérité dans son projet de budget 2026, notamment:
- La suppression de 60 postes de BIATSS sur 3 ans, dont 22 en 2026 (soit 11 ETP). Au global, l’UGA cible des économies de masse salariale pour environ 1,6 M€ en 2026 et 4 M€ sur 3 ans.
- La coupe de 800 000 euros sur la dotation des laboratoires de recherche (baisse des crédits récurrents), "qui pourrait se concrétiser sous la forme d’une hausse des frais d’infrastructure ou par d’autres mesures".
- La baisse des enveloppes "renforts et remplacements" (qui financent les besoins ponctuels en postes pour renforcer les services et remplacer les collègues en arrêt maladie etc).
- Des économies de fonctionnement de 2% "demandées" aux UFR, aux services centraux et aux services partagés.
Ces mesures s'ajoutent à celles du plan d'austérité "trajectoire budgétaire" voté en 2021 (malgré les voix contre de la FSU et la mobilisation des personnels et des étudiant·es). Pour rappel, ce plan prévoyait la suppression de postes BIATSS, la mise en place d'une politique de "différés" (les départs de titulaires sont remplacés par des contractuels pendant 2 ans, avant l'ouverture d'un nouveau poste), et l'impossibilité de créer des postes (voir ici).
La présidence affirme que la suppression de 45 postes a déjà été votée en 2021 dans le cadre de la "trajectoire budgétaire" (ce qui est vrai et nous étions contre), mais que seuls 5 postes auraient été supprimés entre 2021 et 2025. En même temps, l'UGA indique que de nombreux postes de BIATSS sont restés inoccupés (par des titulaires) après la crise covid et que c'est seulement depuis 2024 que l'UGA arrive enfin à recruter à nouveau des titulaires BIATSS. L'UGA compte donc casser cette dynamique en supprimant 60 postes, et s'en tient à une logique purement comptable en indiquant que la "meilleure occupation des postes" est "atténuée par l’hypothèse de la suppression de 22 postes en cours d’année (11 ETP)".(1)
La présidence affirme également que la suppression de l'équivalent de 31 postes de BIATSS aurait déjà été actée au moment du transfert des postes IAE et Polytech et qu'aucun de ces postes n'a été supprimé à ce jour à l'UGA. Nous rappelons que le transfert de l'IAE et de Polytech ne s'est accompagné d'aucun moyen supplémentaire de la part de l’État, si bien que la création de l'EPE, puis du "Grand Établissement", a pesé très lourd dans le budget de l'UGA. La FSU s'est abstenue lors du CSAE du 8 juin 2023, qui devait rendre un avis sur le transfert des personnels et des postes IAE et Polytech, tandis que les autres organisations syndicales ont voté pour (voir l'avis du CSAE ici). A l'époque, la présidence n'avait pas explicitement dit que des postes (liés à l' "empreinte") seraient supprimés à l'UGA.
Toujours est-il que les documents fournis par l'UGA indiquent clairement une diminution du nombre de titulaires BIATSS et une augmentation du nombre de contractuels CDD/CDI, et ces variations sont constantes depuis 2020:
Avec toutes ces mesures d'économies, l'UGA sera quand même en déficit, tant le désengagement de l’État est massif. L'UGA est impactée au même titre que nombre d'universités françaises (voir quelques exemples ici) et nous alertons sur les "Assises" annoncées récemment par le ministre (voir le communiqué du SNESUP-FSU sur le sujet ici).
Le fond de roulement de l'UGA passera sous le seuil critique des 15 jours et ceci malgré toutes les mesures d'économies supplémentaires à la "trajectoire budgétaire" présentes dans ce budget initial 2026, et quelque soit le scenario envisagé pour la compensation du CAS pension (40% ou 100%).
Au final, la présidence ne respecte pas sa promesse de campagne qui était de "Préserver les emplois : continuer d’assainir structurellement les finances de l’établissement sans faire porter sur l’emploi les contraintes budgétaires décidées par l’État."
Nous l'avions malheureusement anticipé au moment de la campagne (lire notre communiqué) et notre conclusion d'alors reste toujours d'actualité:
"Face à ces perspectives financières particulièrement sombres, la mobilisation collective est essentielle. Elle peut prendre plusieurs formes. D’abord, bien sûr, il faut se battre pour obtenir un financement de l’État à hauteur des besoins, dénoncer haut et fort une situation de plus en plus préoccupante, qui sape nos capacités de formation, use les personnels à tous les niveaux, défait les collectifs et mine les énergies. Mais, il faut aussi pouvoir peser par rapport à l’équipe présidence qui sera en place, pour réorienter les budgets des appels à projets tous azimuts (IDEX, MIAI, ...) vers des financements récurrents stables et pérennes, débattre avec l’ensemble des personnels de choix budgétaires permettant de mieux accompagner les équipes et d’amortir ces chocs inquiétants.
Face à la crise budgétaire, aux choix dramatiques de mise en danger des services publics universitaires et à une politique décidée par une équipe présidence sortante repliée sur elle-même, il faut redonner la place à la réflexion et à l’action collective. D’autres choix sont possibles! "
Le SNESUP-FSU appelle à voter contre les budgets d'austérité dans les CA d'établissements (voir ici) et les élu·es FSU voteront contre le BI2026 lors du CA du 16 décembre 2025.
Notes:
Le document mis à la disposition des administrateurs indique:
(1) "L'augmentation de 9 ETPT concerne les BIATSS pour couvrir la hausse constatée courant 2025 grâce à une meilleure occupation des postes (cf. évolution de la consommation en ETPT). Cette hausse est atténuée par l’hypothèse de la suppression de 22 postes en cours d’année (11 ETP)".
(2) "Le besoin de financement de la masse salariale est également impacté à plus de 1,4 M€ cette année par un nombre de retour de différés de recrutements supérieur à celui des sorties des enseignants chercheurs, ainsi que par une meilleure occupation des postes de BIATSS (meilleurs délais de recrutements)."