Ce blog regroupe les communiqués de la FSU UGA

PPST à tort et à travers, ou comment l'UGA instrumentalise la Protection du Patrimoine Scientifique et Technique

 

Le 9 juin 2026, l’Université Grenoble Alpes a publié un communiqué de presse accusant un doctorant, et son directeur de thèse, d’avoir

  1. commis une fraude au financement public, pour avoir sollicité un financement de thèse en indiquant un sujet, puis d’avoir, au cours de la thèse, traité un autre sujet

  2. rémunéré le doctorant, au moins partiellement, avec un financement obtenu d’une société étrangère accusée d’ingérence

  3. dénigré des entreprises françaises compétitrices de ladite entreprise étrangère, ce que l’université assimile à un conflit d’intérêts.

L’université indique avoir signalé ces faits au procureur de la République.

 

Ce communiqué s’inscrit dans le cadre d’un conflit plus large entre d’une part l’université, d’autre part ce doctorant et son encadrant, sur lequel nous n’interviendrons pas.

En revanche, la FSU Université Grenoble Alpes condamne dans les termes les plus fermes l’usage de la politique de protection du patrimoine scientifique et technique (PPST) et de menaces pénales dans une affaire qui ne devrait pas en relever.

Si un enseignant-chercheur a commis des fautes disciplinaires, l’université doit non pas rechercher des qualifications pénales fantaisistes et communiquer dessus par voie de presse, mais engager une procédure disciplinaire en bonne et due forme.

 

 

Voyons point par point les arguments de l’université :

  1. Il est courant qu’une thèse soit financée pour un sujet puis qu’une fois la thèse commencée, on se rende compte que le sujet initial était inadapté et l’on en change. Ce changement est alors signalé clairement dans les compte-rendus de suivi de thèse qui ont lieu tous les ans et dès la première année. Il n’y a là rien de condamnable.

  2. L’université encourage ses enseignants-chercheurs à rechercher des financements industriels et des collaborations internationales. Elle a en toute connaissance de cause accepté un financement d’une société étrangère. Elle ne peut pas a posteriori prétendre que l’enseignant-chercheur qui a obtenu ce financement est complice d’ingérence. On ne peut pas tenir un enseignant-chercheur responsable de n’avoir pas su prévoir qu'une société dont on se félicitait qu’elle collabore avec la recherche française, et qu’on l’encourageait à fréquenter, serait quelques années plus tard non grata.

  3. Avoir collaboré un temps avec une entreprise n’empêche pas un enseignant-chercheur de formuler des reproches à l’égard de son champ d’activité. La liberté d’expression des enseignants-chercheurs est un principe fondamental reconnu par les lois de la République, par ailleurs rappelé par la loi (article L. 952-2 du Code de l’éducation).

 

Cet épisode illustre tristement le dévoiement des mesures de PPST mises en œuvre dans les universités et les organismes de recherche.
Les zones à régime restrictif (ZRR) ne devaient concerner qu’un nombre limité de laboratoires, et même à l’intérieur de ceux-ci un nombre limité de locaux où se déroulent des activités sensibles. On applique pourtant le régime ZRR à des laboratoires ou projets de recherche ne manipulant aucune donnée sensible et où ne se pose aucune question de brevet ou de possibilité d’espionnage industriel. L’accès à une ZRR est ou non autorisé par une décision non motivée du fonctionnaire sécurité défense (FSD).

Au rebours de la règle générale dans l’Administration, qui est qu’elle doit justifier les décisions qu’elle prend, la réglementation indique que cette décision est non motivée : le FSD qui n’indique pas les motifs qui l’ont conduit à refuser l’accès. Il est à craindre que de plus en plus les FSD refusent des accès non pas pour un motif légitime de PPST mais pour d’autres raisons, telles que les activités militantes des personnels. Rappelons que chercheurs et enseignants-chercheurs ont le droit d’avoir des opinions politiques et militer, y compris pour exiger des changements de politiques publiques.

 

Nous appelons donc, encore une fois, à ce que les mesures de protection du patrimoine scientifique et technique soient proportionnées, réservées à des périmètres restreints, et motivées, et qu’on ne les détourne pas de leurs fins pour régler des problèmes n’en relevant pas.

 

Le 10 mars : rassemblement contre les suppressions de postes dans le service public de l’ESR et la mise au pas des universités et des organismes nationaux de recherches par leur sous-financement chronique.

FSU_small.png, nov. 2020

La FSU appelle au rassemblement mardi 10 mars à 12h30 devant le bâtiment présidence (place centrale, campus SMH) dans le cadre de l'appel national de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et la recherche   Retrouver le communiqué ici: https://www.snesup.fr/sites/default/files/2026-02/20260218-cp_intersyndical_10mars_2.pdf   Le SNEP-FSU et le SNESUP-FSU appellent aussi à se saisir de cette journée pour dénoncer  […] Lire la suite

L'austérité renforcée à l'UGA : le conseil d'administration de l'UGA du 16 décembre votera t-il de nouvelles mesures d'économie ?

Tableau CA du 16 décembre 2026, déc. 2025

La présidence de l'UGA inscrit des nouvelles mesures d'austérité dans son projet de budget 2026, notamment: - La suppression de 60 postes de BIATSS sur 3 ans, dont 22 en 2026 (soit 11 ETP). Au global, l’UGA cible des économies de masse salariale pour environ 1,6 M€ en 2026 et 4 M€ sur 3 ans. - La coupe de 800 000 euros sur la dotation des laboratoires de recherche (baisse des crédits récurrents), "qui pourrait  […] Lire la suite

Pouvons-nous encore nous exprimer sur la Palestine ?

Nous dénonçons l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe » et l’action du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace (ESRE).  Le ministre de l’ESRE foule aux pieds la liberté académique, entrave le travail des scientifiques et confond le débat scientifique avec le débat d’opinions. La FSU, le SNESUP-FSU et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ont déposé un référé contre cette  […] Lire la suite

Nous refusons l’austérité, l’augmentation des frais d’infrastructures et la politique d'appel à projet !

Mobilisons-nous contre le budget 2026 et contre l’austérité : Alors que le budget 2026 (en discussion à l'assemblée jusqu'à mi-décembre) prévoit d'accentuer l'austérité, y compris dans les services publics, la FSU, la CGT et Solidaires appellent à la mobilisation contre l’austérité et pour nos salaires le 2 décembre ! Dès maintenant, préparons-nous pour faire de cette journée une réponse puissante aux attaques d'E.  […] Lire la suite

Haut de page